Les ATS au Conseil Supérieur de l’Éducation


Le ministère de l’Éducation Nationale a soumis au vote du Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) du 1er avril 2025 un texte réglementaire relatif aux classes d’Adaptation Technicien Supérieur (ATS) qui sont des Classes Préparatoires aux Grande Écoles (CPGE) en un an implantées dans des lycées de grandes, moyennes ou petites villes sur tout le territoire, ouvertes à des jeunes, essentiellement bachelier·es technologiques et professionnel·les, ayant obtenu un BTS ou un DUT (voire une L2 pour l’éco-gestion). Passer par une ATS permet d’intégrer des Grandes Écoles d’ingénieurs ou de commerce et d’obtenir ainsi le grade master. Ce diplôme garantit à ces anciens bachelier·es technologiques ou professionnel·les une très bonne insertion professionnelle et des rémunérations équivalentes à celle des qu’obtiennent les bacheliers généraux passant par les Grandes Écoles.

Les différentes classes d’ATS

Il existe différents types d’ATS en fonction du cursus suivi par les étudiants :

*ATS ingénierie industrielle : 42 sections en France ;

*ATS génie civil : 6 sections ;

*ATS métiers de la chimie : 4 sections ;

*ATS métier de l’horticulture et du paysage : 2 sections ;

*ATS éco-gestion : 17 sections ;

Sécuriser les ATS

Avec le passage à 3 ans des études en IUT (instituts universitaires de technologie) et la création des BUT (bachelors universitaires de technologies), il existait des inquiétudes quant au devenir des ATS. Néanmoins, le texte présenté par le ministère sécurise ces formations.

Voici les échanges qui ont eu lieu lors de la Commission Spécialisée Lycée (CSL, l’instance préparatoire au CSE) et en CSE.

le SNES-FSU a souhaité savoir si le diplôme du DUT à bac+2 existait toujours malgré la mise en place du BUT. La Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (Dgesip) a expliqué que oui, qu’il existait toujours un diplôme intermédiaire délivré automatiquement par les universités avec 120 ECTS appelé DEUST pour les licences professionnelles et DUT pour les IUT après deux ans de formation, ces diplômes permettant des poursuites d’étude ou une insertion professionnelle à bac+2. Le doyen de l’Inspection générale de physique chimie a indiqué que la possibilité de récupérer des étudiants après deux ans en IUT était une chance pour les ATS qui pourront continuer d’offrir la possibilité de faire intégrer en École d’ingénieurs des étudiants en possession d’un DUT.

Le SNES-FSU dénonce la disparition des ATS Bio

Le SNES-FSU a indiqué que la réforme des ATS Bio qui a abouti à la fermeture des deux classes d’ATS Bio de l’Éducation Nationale avaient été présentée comme inéluctable par le ministère en raison du passage au BUT. Or, le texte présenté montre qu’il était possible de continuer de faire vivre les ATS malgré le passage aux trois ans avec la mise en place des BUT. La Dgesip a rappelé la particularité de la réforme de l’ATS Bio qui a été défendue par le MASA avec une volonté de refonder complètement les classes sous sa tutelle avec des classes prépas intégrées aux Écoles vétérinaires. Le SNES-FSU a dit regretter la fermeture des deux classes d’ATS Bio dépendant de l’EN.

Des passerelles pour accéder aux Grandes Écoles

L’Inspection générale a précisé qu’il existait également d’autres passerelles pour accéder aux Grandes Écoles en dehors des CPGE en deux et des ATS, comme la licence. Le doyen a souhaité souligner que les Écoles d’ingénieurs étaient très satisfaites des étudiants qu’elles recrutent après une ATS. Pour l’Inspection générale, le texte présenté est important car il permet de réaffirmer l’existence des ATS dans le nouveau contexte lié à l’apparition des BUT.

En séance du CSE du 1er avril, malgré le désaccord sur les ATS Bio exprimé en CSL, le SNES-FSU a considéré que le texte présenté était important car il sécurisait les ATS et qu’il était fondamental d’offrir des passerelles aux étudiants qui souhaitent se lancer dans des études plus longues que ce qu’ils avaient imaginé au départ avec l’objectif d’un master à la clé via l’intégration dans une Grande École. L’officialisation de la possibilité de passerelle depuis la L2 est également importante, en particulier pour les ATS d’éco-gestion.

Un maillage territorial serré

Les ATS sont implantées dans une cinquantaine de ville sur tout le territoire français -Hexagone et Outre Mer (La Réunion, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie Française)-, dans certaines grandes métropole comme par exemple Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris… mais aussi des villes de plus petite taille comme Dunkerque, Lommes, Nogent-sur-Oise, Lannion, Albi, Le Tampon, Laxou… Le maillage territorial serré est une caractéristique de l’implantation des ATS et des CPGE en général.

Développer les internats et les ouvrir le week-end pour faciliter la démocratisation des poursuites d’étude

Pour accompagner les étudiants d’ATS et, au-delà, les étudiants de toutes les CPGE, et pour aller plus loin dans la démocratisation des classes préparatoires, le SNES-FSU considère qu’il serait primordial de développer l’offre d’internats ouverts y compris le week-end pour aider les poursuites d’étude des étudiants aux moyens financiers limités. Or, bien trop peu d’établissements offrent un internat et ceux qui en ont un ouvert le week-end deviennent de plus en plus rares. Plus globalement, la question du logement étudiant doit devenir une priorité, il faut trouver des solutions pérennes dans les meilleurs délais pour que le prix de l’immobilier ne soit pas ce qui freine les poursuites d’étude de toute une partie de la jeunesse.

Le texte a reçu un avis favorable du CSE sans aucun vote contre.


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