
►Le thème des TIPE 2025-2026
Le ministère a d’abord fait une présentation du thème “Cycles, boucles“en Commission Spécialisée Lycée (CSL) le 20 novembre 2024. Lors de cette CSL, le SNES-FSU a regretté l’absence d’Inspecteur généraux pour la présentation du texte et ont fait remonter 2 problèmes à la DGESIP concernant ce texte consacré aux TIPE 2025-2026.
Le premier problème concerne l’intitulé du thème en particulier pour les collègues de Physique Chimie (PC) qui estiment qu’avec “Cycles, boucles” les étudiants de cette filière vont avoir du mal à s’y retrouver. Le SNES-FSU a proposé que soit envisagé l’ajout d’une troisième entrée qui permettrait de surmonter cette difficulté particulière à la filière PC.
La représentante de la DGESIP a indiqué que les collègues de la filière PC qui ont participé au groupe de travail n’avaient pas exprimé de réserves particulières. Elle a précisé qu’initialement seul le terme de « cycles » était prévu et que le terme de « boucles » avait été ajouté à la demande des collègues de SI.
Le deuxième problème concerne l’annexe du texte qui précise que le nombre maximum d’étudiants par groupe serait de trois. Selon le SNES-FSU, cela a fait bondir les collègues de la filière BCPST-TB pour qui cette limitation à trois étudiants ne serait pas tenable compte tenu des spécificités de ces filières qui manipulent beaucoup (problème de disponibilité de matériel et d’espace de stockage notamment).
La représentante de la DGESIP a expliqué que lors du groupe de travail, le constat a été fait que les groupes trop nombreux desservaient les étudiants qui ont du mal a expliquer leur contribution au sein du travail collectif et que leur travail personnel n’était pas mis en valeur. En outre, la représentante de la Dgesip a donné des statistiques montrant que l’immense majorité des groupes était constitué de trois étudiants ou moins.
Compte tenu des spécificités de la filière BCPST-TB, le SNES-FSU a fait une proposition d’ajout d’une parenthèse précisant “jusqu’à 5 étudiants pour les filières BCPST et TB“.
Enfin, le SNES-FSU a souhaité alerter le ministère sur la fragilisation de la filière BCPST-TB déjà touchée par la réforme et les prépas véto. Il a également indiqué que cette filière connaît cette année, une forte augmentation des frais d’inscription (+150%), y compris pour les étudiants boursiers, qui remet en cause tout le discours et les efforts entrepris d’ouverture sociale à l’œuvre dans cette filière. Dans ces conditions, il n’est pas nécessaire de compliquer la situation des collègues et des étudiants de la filière BCPST-TB avec le texte TIPE.
Le thème a ensuite été soumis au Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) du 16 janvier 2025 avec une prise en compte partielle par le ministère des remarques du SNES-FSU sur le nombre d’étudiants par groupe en BCPST et TB : l’annexe indique “Les étudiants effectuent ces travaux en petits groupes d’au maximum trois étudiants (quatre étudiants étant possible pour les voies BCPST et TB) ou de façon individuelle“.
En revanche, la demande d’un troisième terme n’a pas été suivie, la Dgesip indiquant que le thème avait été défini de manière collégiale pour l’ensemble des disciplines concernées dont la chimie et qu’il offrait une variété suffisante de pistes d’études en particulier pour la discipline de chimie, qui n’a pas évoqué de difficulté pour son étude au cours des débats du groupe de travail. De nombreux exemples relevant de la chimie auraient, au contraire, été évoqués à cette occasion, en parfaite adéquation avec le nouveau thème choisi, notamment par les professeurs de CPGE membres de ce groupe. Ce thème étant à comprendre au sens le plus large, la Dgesip a considéré que les étudiants et leurs enseignants sauraient trouver, y compris en chimie, des sujets d’étude adaptés.
Le SNES-FSU a regretté l’absence d’IG lors de ce CSE du 16 janvier et a considéré que le ministère devait davantage tenir compte des remontées du terrain portées par les organisations syndicales, faute de quoi, la CSL et le CSE ne jouaient plus leur rôle. C’est pourquoi, malgré l’avancée obtenue pour les BCPST et les TB, la FSU a voté en abstention.
Le thème a reçu un avis favorable du CSE.
►Le thème de lettres et philosophie 2025-2026 en CPGE économiques et commerciales
Le thème “Juger” a été présenté lors de la CSL du 15 janvier 2025 et soumis au vote lors du CSE du 1er avril.
En CSL, après la présentation générale du texte réalisée par la Dgesip, l’Inspection générale a indiqué que l’usage d’un verbe a fait largement consensus lors du Groupe de Travail (GT), considérant qu’il permettra un travail riche aussi bien en littérature qu’en philosophie, au-delà de la justice, les thèmes de la vérité, de la décision, de l’engagement, de jugement de goût, de valeur, rationnel, ne pas juger ; il est important d’amener des étudiants qui seront amener à encadrer des équipes à réfléchir sur leur dimension de sujet jugeant. Juger c’est aussi liker, noter, le faire aussi par des réseaux et des applications numériques.
Le SNES-FSU a fait des remarques sur le calendrier de présentation du texte et sur le thème lui-même. Il a demandé que pour les textes relatifs aux CPGE et BTS qui relèvent du post-bac des lycées, la présentation en CSL précède celle faite au CNESER. Le SNES-FSU s’est réjoui du délai très court entre la réunion du groupe du travail qui a réfléchi sur le thème et la présentation aux instances, qui constituait une demande maintes fois répétées les années précédentes pour éviter les délits d’initiés. Le SNES-FSU a relayé la satisfaction d’une bonne partie des collègues de connaître tôt dans l’année le futur programme de deuxième année mais d’autres collègues s’inquiètent d’une présentation du thème trop précoce dans l’année qui pourrait avoir des incidences sur l’étude du programme de première année. C’est pourquoi le SNES-FSU a proposé de réunir un peu plus tard dans l’année le GT mais en conservant un délai très court entre le GT et la présentation aux instances.
Sur le thème lui-même, le SNES-FSU a indiqué que l’accueil était globalement positif, le thème « Juger » étant considéré comme riche, permettant d’ouvrir sur des champs très divers. Le SNES-FSU a, cependant, aussi relayé quelques inquiétudes : certains collègues de Lettres ont indiqué se retrouver un peu moins dans le thème proposé et d’autres trouvent le thème trop dur en raison d’un niveau de conceptualisation nécessaire hors de portée d’une partie des étudiants. Ces collègues se demandent d’ailleurs si les participants du GT qui travaillent sur le thème prennent bien en compte l’hétérogénéité et la diversité des profils des élèves qui étudient en CPGE. Dans le même sens, le SNES-FSU a considéré qu’il était important de bien prendre en considération les prépas dites « de proximité » dans la conception des programmes.
L’Inspection général, représenté par un IG de Lettres, a indiqué que les interrogations des collègues étaient parfaitement légitimes et a souhaité les rassurer en précisant que dans le GT participaient non seulement des professeurs d’ECG mais aussi des collègues d’ECT et d’ECP, c’est-à-dire enseignant à des bacheliers technologiques et professionnels, qui ont considéré que le thème était accessible à ces élèves.
Sur le calendrier de présentation des textes, l’Inspecteur général a rejoint les inquiétudes exprimées par certains collègues quant aux possibles conséquences d’une présentation très précoce du thème sur l’enseignement en première année et a précisé que les programmes de l’ENS étaient annoncés bien plus tardivement. La Dgesip a expliqué que le calendrier était très contraint et qu’il était difficile de prendre en compte toutes les demandes parfois contradictoires. La Dgesip a également précisé que les associations d’enseignants de CPGE ont demandé une officialisation des thèmes avant les vacances de printemps. Le SNES-FSU a indiqué se retrouver dans cette exigence.
La Dgesip a rappelé que les membres du GT avaient une stricte obligation de confidentialité sur le thème et a considéré que les représentants siégeant dans les instances étaient également soumis à une certaine confidentialité. Le SNES-FSU s’est inscrit en faux considérant qu’une fois soumise aux instances, la proposition de thème acquérait un caractère public sans lequel il n’était pas possible de consulter les collègues.
Lors du CSE du 1er avril 2025, la FSU a voté ‘pour’ le texte après les réponses apportées par l’Inspection générale lors de la CSL. Mais le texte a regretté de nouveau l’absence d’IG en séance car une question est remontée du terrain : serait-il possible d’obtenir une clarification sur la répartition entre les deux disciplines, lettres et philosophie, pour la prise en charge des deux épreuves différentes aux concours : celle de la synthèse et celle de la dissertation ? La Dgesip a indiqué qu’elle transmettrait la question à l’Inspection générale. Le SNES-FSU va le faire également de son côté.
Le thème a reçu un avis favorable du CSE.
►Le thème de français et philosophie 2025-2026 en CPGE scientifiques
Le thème de « La communauté et l’individu » retenu pour l’année 2024-2025 est reconduit (voir ici), auquel s’ajoute le second thème « Expériences de la nature », qui a été présenté en CSL le 12 mars 2025 puis soumis au vote en CSE le 1er avril. Trois œuvres ont été choisies pour permettre l’étude de ce dernier :
- La connaissance de la vie, « Introduction : La pensée et le vivant », « I. Méthode », « III. Philosophie –
chapitres II, III, IV et V » (Georges CANGUILHEM) ; - Vingt mille lieues sous les mers (Jules VERNE) ;
- Le Mur invisible (Marlen HAUSHOFER) – Traduction de Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon.
L’enseignement de français et de philosophie en classes préparatoires d’adaptation de techniciens supérieurs (ATS) s’appuiera notamment sur les deux œuvres mentionnées ci-dessus en 1 et en 2.
Lors de CSL, le doyen de l’Inspection générale de philosophie a indiqué que le GT avait eu le souci de trouver un thème nouveau avec le choix de deux œuvres littéraires et une philosophique. Le pluriel au terme ‘Expériences’ est très important au pluriel. Les deux romans et l’essai philosophique sont assez concentré temporellement, avec une œuvre bien connue, celle de Jules Verne. L’idée est d’amener les étudiants scientifiques à travailler les formes du rapport du vivant à la nature, il y a une dimension existentielle, scientifique technique, cognitive. L’ expérience c’est l’expérimentation, la connaissance du vivant, avec des différences d’approche : biologique, physico-chimique. Se pose la question de l’usage de la nature, de la place de la technique, de la sciences, de la compréhension de phénomènes biologiques universels, domination/non domination de la nature avec leur conséquences. Les deux fictions seront très frappantes pour les étudiants avec un homme qui fuit la société des humains et la fiction d’un monde post apocalyptique avec une bulle qui va préserver une femme. Les trois œuvres sont riches et stimulantes pour des classes scientifiques. L’épistémologie de Canguilhem est exprimée très clairement, les chapitres considérés comme trop érudits ont été retirés.
En CSL, le SNES-FSU a indiqué que le thème et les œuvres proposés devaient convenir aux collègues car il n’y a pas eu de remontées particulières. Le fait que le thème soit bien dans l’air du temps avec des résonances très actuelles pouvait expliquer l’intérêt pour le thème et les œuvres proposés.
Le SNES-FSU a souhaité connaître les raisons qui ont présidé au choix du livre de Jules Verne pour les ATS plutôt que celui de Marlen HAUSHOFER. Le doyen de l’Inspection générale de philosophie a expliqué qu’il a été considéré que Vingt mille lieues sous les mers serait d’appropriation plus facile et d’un grand intérêt pour le public technico-scientifique des ATS avec justement les nombreuses précisions techniques et scientifiques que l’on peut trouver dans l’œuvre de Jules Verne.
Lors de la séance du CSE, la FSU a voté ‘pour’ le texte. Elle s’est félicitée que le choix d’inclure une œuvre écrite par une femme parmi les trois œuvres au programme soit entrée dans les habitudes de la commission, ce qui permet de faire découvrir aux étudiants un texte de la qualité de celui de Marlen Haushofer, qui n’aurait peut-être pas été spontanément retenu dans un autre contexte.
Le thème a reçu un avis favorable du CSE.